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Assurance-vie fiscalité : ce que changent le rachat, les 8 ans et le seuil de 150 000 €

Éloïse Maréchal-Delorme 8 min de lecture
Assurance vie fiscalite : rachat, 8 ans et seuil 150 000 €

La fiscalité de l’assurance-vie devient réellement importante au moment d’un retrait. Tant que le contrat reste ouvert et qu’aucun rachat n’est effectué, les gains capitalisent sans impôt sur le revenu. Dès qu’un rachat partiel ou total intervient, il faut distinguer le capital versé et les gains imposables.

La règle de base est simple : seuls les gains sont imposables, jamais les versements. Ensuite, tout se joue selon trois critères, l’ancienneté du contrat, la date des primes versées et le montant total placé en assurance-vie, notamment autour du seuil de 150 000 €.

Le point de départ : qu’est-ce qui est vraiment taxé ?

Un contrat d’assurance-vie peut contenir des versements anciens, des versements récents, des gains issus du fonds en euros et des plus-values sur unités de compte. Lors d’un retrait, l’administration fiscale ne considère pas que vous retirez seulement votre capital ou seulement vos gains. Chaque rachat comprend une part de versements et une part de produits imposables.

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Rachat partiel ou rachat total : la différence pratique

En cas de rachat partiel, vous retirez une somme tout en gardant le contrat ouvert. C’est souvent la solution choisie pour compléter un revenu, financer un projet ou utiliser progressivement l’épargne. L’impôt ne porte alors que sur la fraction de gains incluse dans ce retrait.

En cas de rachat total, le contrat est clôturé. Tous les gains encore présents deviennent alors imposables, sauf cas d’exonération. Cette décision doit être pesée, car fermer un contrat ancien peut faire perdre un avantage fiscal lié à son âge, surtout après 8 ans.

Un exemple simple pour comprendre

Si vous avez versé 40 000 € et que votre contrat vaut 50 000 €, il contient 10 000 € de gains. Si vous retirez 5 000 €, l’administration ne taxe pas 5 000 €, mais seulement la part de gains comprise dans ce retrait. Dans cet exemple, les gains représentent 20 % de la valeur du contrat. Le rachat de 5 000 € contient donc environ 1 000 € de gains imposables.

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Avant ou après 8 ans : le vrai basculement fiscal

L’ancienneté du contrat est l’un des leviers les plus connus de l’assurance-vie. Elle ne rend pas les gains non imposables, mais elle permet de bénéficier d’un cadre plus favorable après 8 ans, notamment grâce à un abattement annuel.

Assurance vie fiscalite : frise des taux, abattements et seuils avant et après 8 ans
Assurance vie fiscalite : frise des taux, abattements et seuils avant et après 8 ans

Avant 8 ans, pas d’abattement spécifique

Pour les gains issus de primes versées depuis le 27 septembre 2017, la fiscalité repose en principe sur le prélèvement forfaitaire unique. Avant 8 ans, les gains peuvent être imposés au taux de 12,8 %, auxquels s’ajoutent les prélèvements sociaux de 17,2 %. Le contribuable peut aussi choisir le barème progressif de l’impôt sur le revenu si cette option est plus favorable pour l’ensemble de ses revenus de capitaux mobiliers.

Pour les primes versées avant le 27 septembre 2017, les anciens taux forfaitaires restent importants à connaître : 35 % pour un contrat de 0 à 4 ans, 15 % entre 4 et 8 ans, puis 7,5 % après 8 ans, hors prélèvements sociaux.

Après 8 ans, l’abattement change la donne

Après 8 ans, les gains retirés bénéficient chaque année d’un abattement de 4 600 € pour une personne seule et de 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune. Cet abattement s’applique aux produits imposables, pas au montant total du retrait.

Le bon réflexe consiste donc à raisonner sur le rythme des rachats. Un retrait massif en une seule année peut remplir trop vite la part imposable, alors que plusieurs rachats partiels étalés peuvent mieux utiliser l’abattement annuel. Pour un contrat ancien, la question n’est pas seulement combien retirer, mais aussi quand retirer.

La date des versements et le seuil de 150 000 €

La fiscalité de l’assurance-vie ne dépend pas seulement de la date d’ouverture du contrat. Elle dépend aussi de la date à laquelle les primes ont été versées. C’est ce qui explique que deux contrats de plus de 8 ans puissent être imposés différemment.

Primes versées avant le 27 septembre 2017

Pour les gains correspondant à des primes versées avant le 27 septembre 2017, le contribuable peut généralement choisir entre l’imposition au barème progressif et le prélèvement forfaitaire libératoire applicable selon l’âge du contrat. Après 8 ans, le taux forfaitaire de référence est de 7,5 %, après application éventuelle de l’abattement annuel.

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Primes versées depuis le 27 septembre 2017

Pour les primes versées depuis le 27 septembre 2017, le régime du prélèvement forfaitaire unique s’applique. Après 8 ans, le taux de 7,5 % reste possible pour la part des gains correspondant à des primes n’excédant pas le seuil global de 150 000 €. Au-delà, les gains liés à la fraction supérieure peuvent être imposés à 12,8 %, toujours avec les prélèvements sociaux de 17,2 %.

Situation Impôt possible sur les gains Prélèvements sociaux
Contrat de moins de 4 ans, primes avant le 27 septembre 2017 35 % ou barème progressif 17,2 %
Contrat entre 4 et 8 ans, primes avant le 27 septembre 2017 15 % ou barème progressif 17,2 %
Contrat de moins de 8 ans, primes depuis le 27 septembre 2017 12,8 % ou barème progressif 17,2 %
Contrat de plus de 8 ans Abattement annuel, puis 7,5 % ou 12,8 % selon les cas 17,2 %

Exonérations, rente viagère et transmission : les cas à ne pas confondre

Certaines situations permettent d’échapper à l’impôt sur le revenu sur les gains, mais elles ne doivent pas être confondues avec les abattements classiques. Une exonération répond à un événement précis et à des conditions particulières.

Les événements pouvant ouvrir droit à exonération

Les gains peuvent être exonérés d’impôt sur le revenu lorsque le rachat intervient à la suite de certains événements : licenciement, mise à la retraite anticipée, invalidité de 2e ou 3e catégorie, ou liquidation judiciaire. Ces situations peuvent concerner le souscripteur, son époux ou son partenaire de Pacs selon les cas.

Cette exonération ne signifie pas qu’il suffit de cocher une case au hasard. Il faut pouvoir justifier l’événement et respecter les délais applicables, notamment lorsque le rachat doit intervenir avant la fin de l’année qui suit celle de l’événement. En pratique, il est prudent de conserver les documents remis par l’employeur, la caisse de retraite, le tribunal ou l’organisme compétent.

Sortie en rente viagère

Au lieu de retirer un capital, vous pouvez transformer votre assurance-vie en rente viagère. Dans ce cas, le contrat est converti en revenu régulier versé jusqu’au décès. La fiscalité n’est alors plus celle d’un rachat classique. Seule une fraction de la rente est imposable, selon l’âge du bénéficiaire au moment de l’entrée en jouissance.

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Ce choix peut sécuriser un complément de revenu, mais il est souvent irréversible. Il doit donc être comparé à des rachats partiels programmés, surtout si vous souhaitez garder de la souplesse ou préserver une partie du capital pour vos bénéficiaires.

Décès du souscripteur : une fiscalité à part

En cas de décès, l’assurance-vie suit un régime spécifique de transmission. Les bénéficiaires désignés peuvent profiter d’abattements particuliers, distincts de la fiscalité des rachats. Le seuil de 152 500 € est souvent évoqué dans ce cadre, mais il concerne la transmission et non l’imposition d’un retrait réalisé de votre vivant.

Déclarer, choisir son option et éviter les mauvais automatismes

Lors d’un rachat, l’assureur transmet généralement un imprimé fiscal unique indiquant les montants à reporter dans la déclaration de revenus. Ce document est essentiel. Il distingue les produits imposables, les prélèvements déjà effectués et les informations utiles pour choisir entre imposition forfaitaire et barème progressif.

Barème progressif ou prélèvement forfaitaire

Le prélèvement forfaitaire a l’avantage de la lisibilité. Le barème progressif peut être plus intéressant si votre tranche d’imposition est faible, mais l’option doit être appréciée globalement, car elle concerne l’ensemble des revenus de capitaux mobiliers de l’année. Il ne faut donc pas la choisir uniquement à partir d’un seul rachat d’assurance-vie.

La dispense de prélèvement forfaitaire non libératoire

Dans certains cas, une dispense de prélèvement forfaitaire non libératoire peut être demandée. Elle dépend notamment du revenu fiscal de référence de l’année N-2, avec des seuils de 25 000 € pour une personne seule et 50 000 € pour un couple. La demande doit généralement être faite auprès de l’assureur avant le 30 novembre pour s’appliquer l’année suivante.

Avant de retirer, vérifiez donc quatre points : l’âge du contrat, la date des primes concernées, le montant total de vos versements en assurance-vie et votre situation fiscale personnelle. C’est cette combinaison, plus que le seul taux affiché, qui détermine la fiscalité réelle de votre assurance-vie.

Éloïse Maréchal-Delorme
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