Peut-on avoir plusieurs per ? tout comprendre pour optimiser votre épargne retraite

Vous vous demandez s’il est possible d’ouvrir plusieurs PER pour préparer votre retraite et si cela a un réel intérêt fiscal ou financier. Oui, vous pouvez légalement détenir plusieurs plans d’épargne retraite, mais encore faut-il comprendre quand cela est pertinent, comment les gérer et quelles sont les limites. Dans cet article, vous verrez concrètement dans quels cas multiplier les PER peut vous avantager ou au contraire compliquer votre situation.

Comprendre le fait d’avoir plusieurs PER sans se tromper

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Avant de multiplier les plans d’épargne retraite, il est essentiel de savoir ce que cela change vraiment pour vous : fiscalité, plafond de déduction, transfert, succession. Vous verrez ici les règles-clés qui encadrent le cumul de PER et les points à vérifier pour ne pas perdre le fil. L’objectif est que vous puissiez rapidement savoir si ouvrir un second PER a du sens dans votre cas.

Avoir plusieurs PER est-il autorisé et que dit précisément la loi française ?

Oui, vous pouvez avoir plusieurs PER, car la loi Pacte de 2019 n’impose aucun nombre maximal de contrats par personne. En pratique, beaucoup d’épargnants cumulent un PER individuel souscrit auprès d’une banque comme la Caisse d’Épargne ou d’un assureur comme Generali et un ou plusieurs PER d’entreprise sans même le savoir. La vraie contrainte ne porte pas sur le nombre de PER, mais sur les règles fiscales et les plafonds de déduction à respecter.

Concrètement, si votre employeur propose un PER collectif et que vous avez déjà ouvert un PER individuel chez vous, vous détenez légalement deux contrats distincts. Cette situation est parfaitement normale et vous permet de bénéficier des versements volontaires sur le PER individuel tout en profitant de l’abondement employeur sur le PER d’entreprise.

Comment fonctionne la fiscalité avec plusieurs PER et un seul plafond commun ?

Même avec plusieurs PER, vous ne bénéficiez pas d’un plafond de déduction multiplié : c’est un plafond global par personne et par année. Pour 2025, ce plafond correspond à 10% de vos revenus professionnels de 2024, dans la limite de 35 194 euros. Vous pouvez répartir vos versements déductibles entre vos différents PER, mais la somme totale ne doit pas dépasser votre plafond fiscal retraite.

L’enjeu est donc de choisir sur quel PER verser en priorité pour optimiser à la fois la fiscalité et les frais. Par exemple, si vous versez 5 000 euros sur votre PER individuel et 2 000 euros sur votre PER d’entreprise, seuls 7 000 euros au total pourront être déduits de votre revenu imposable, dans la limite de votre plafond personnel. L’administration fiscale additionne automatiquement tous vos versements PER lors de votre déclaration de revenus.

Cumul PER individuel et PER d’entreprise : quelles interactions pratiques prévoir ?

Vous pouvez cumuler un PER individuel souscrit en banque ou assurance et un PER d’entreprise collectif ou obligatoire. Les versements volontaires, l’épargne salariale comme la participation et l’intéressement et les abondements employeur n’obéissent pas exactement aux mêmes plafonds, ce qui offre des leviers supplémentaires.

Il est toutefois important de distinguer les trois compartiments du PER pour comprendre ce qui est bloqué, ce qui est transférable et ce qui est fiscalement intéressant :

Compartiment Origine des sommes Plafond fiscal
Versements individuels Vos versements volontaires 10% des revenus pro (max 35 194€)
Versements collectifs Épargne salariale, abondement employeur Plafonds spécifiques épargne salariale
Versements obligatoires Cotisations employeur/salarié obligatoires 8% du salaire (max 32 908€)

Cette organisation permet de transférer librement les sommes d’un PER à l’autre, même si elles proviennent de compartiments différents, ce qui vous donne de la souplesse dans la gestion.

Identifier les bonnes raisons d’ouvrir plusieurs PER intelligemment

Multiplier les PER n’est pas une fin en soi : dans certains cas, cela apporte de la souplesse, dans d’autres, seulement des frais en plus. Cette partie vous aide à repérer les situations où il est pertinent d’ouvrir un second PER, voire davantage. Vous verrez aussi comment articuler plusieurs contrats sans perdre de vue votre stratégie retraite globale.

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Dans quels cas ouvrir un second PER peut vraiment être une bonne idée ?

Ouvrir un deuxième PER peut être judicieux si votre PER actuel est peu performant, rigide ou trop cher. Cela peut aussi se justifier si vous souhaitez diversifier vos supports d’investissement comme des fonds euros, des ETF ou de l’immobilier via des SCPI ou accéder à une gestion pilotée plus adaptée à votre profil de risque.

Certains épargnants ouvrent également un second PER pour séparer leurs objectifs. Par exemple, l’un pour des versements déductibles qui réduisent l’impôt immédiatement, l’autre pour des versements non déductibles qui permettront une sortie en capital totalement exonérée d’impôt sur les plus-values. Cette stratégie peut être pertinente si vous alternez entre des années à forte et faible imposition.

Autre cas concret : vous avez un ancien PERP avec des frais élevés mais vous ne voulez pas le transférer pour conserver une garantie plancher intéressante. Vous pouvez alors ouvrir un nouveau PER plus compétitif pour vos versements futurs tout en laissant l’ancien fructifier sans nouveaux frais d’entrée.

Plusieurs PER pour optimiser la fiscalité retraite : opportunité ou fausse bonne idée ?

Avoir plusieurs PER ne multiplie pas vos avantages fiscaux, mais peut vous aider à mieux organiser vos versements dans le temps. Par exemple, vous pouvez concentrer vos versements déductibles sur le contrat le plus performant et garder un autre PER pour d’éventuels transferts futurs ou pour accueillir votre épargne salariale.

En revanche, ouvrir plusieurs PER uniquement pour profiter plus d’impôts est une erreur, car la limite vient du plafond fiscal, pas du nombre de contrats. Que vous ayez un ou cinq PER, vous ne pourrez déduire que 35 194 euros maximum en 2025. La multiplication des contrats peut même devenir contre-productive si elle génère des frais redondants ou si vous perdez de vue votre stratégie globale.

L’intérêt réel réside plutôt dans la diversification des gestionnaires et des supports. Par exemple, avoir un PER chez Fortuneo pour des ETF à frais réduits et un PER d’entreprise chez Amundi pour bénéficier de l’abondement employeur vous permet de combiner les avantages sans subir les contraintes d’un seul acteur.

Comment articuler plusieurs PER avec votre assurance vie et autres placements ?

Le PER n’est qu’un outil parmi d’autres dans votre patrimoine, au même titre que l’assurance vie, le PEA ou l’épargne salariale. Si vous détenez plusieurs PER, il est utile de clarifier le rôle de chacun par rapport à vos placements plus liquides. Ainsi, vous évitez de trop immobiliser votre épargne retraite et conservez des marges de manœuvre en cas de projet ou de coup dur.

Une stratégie équilibrée pourrait ressembler à ceci : vous privilégiez l’assurance vie pour les projets à moyen terme car elle reste disponible à tout moment, le PEA pour votre épargne actions défiscalisée après cinq ans, et vous réservez le PER pour la préparation de la retraite avec déduction fiscale immédiate. Dans cette logique, avoir deux PER peut se justifier si l’un est orienté sécurité pour la sortie proche et l’autre dynamique pour capitaliser sur le long terme.

Attention cependant à ne pas disperser vos efforts : trop de contrats rendent la gestion complexe et augmentent le risque de versements inadaptés ou de frais cachés qui grignotent la performance globale de votre patrimoine.

Gérer, suivre et éventuellement regrouper plusieurs PER dans le temps

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Une fois plusieurs PER ouverts, la vraie question devient : comment les suivre sans vous y perdre ? Entre les frais, la performance, la qualité des supports et les options de sortie, tous les PER ne se valent pas. Vous verrez ici comment piloter, arbitrer et, si besoin, regrouper vos contrats pour garder une stratégie claire et efficace.

Comment comparer plusieurs PER pour décider où verser en priorité chaque année ?

Commencez par comparer les frais sur versement, de gestion annuelle et d’arbitrage entre vos différents contrats. Par exemple, un PER bancaire peut facturer 1% de frais sur versement là où un PER en ligne comme Linxea ou Yomoni n’en prélève aucun. Sur 20 ans de versements réguliers, cette différence peut représenter plusieurs milliers d’euros de performance en moins.

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Regardez ensuite la diversité des supports d’investissement proposés. Certains PER assurance proposent uniquement des fonds internes parfois peu performants, tandis que d’autres offrent un accès à des centaines d’ETF, des SCPI ou des fonds thématiques. La performance historique, la souplesse des options de gestion libre, pilotée ou profilée et les conditions de sortie à la retraite sont également des critères déterminants.

En pratique, il est souvent judicieux de privilégier pour vos versements le PER le plus performant et le moins chargé en frais, tout en laissant vivre sans nouveaux apports les contrats moins compétitifs que vous ne pouvez ou ne souhaitez pas transférer.

Regrouper ses anciens contrats retraite dans un PER unique est-ce toujours pertinent ?

Vous pouvez transférer d’anciens contrats comme le PERP, le Madelin, l’article 83, le PERCO ou même d’autres PER moins intéressants vers un PER plus moderne et compétitif. Regrouper simplifie le suivi, réduit parfois les frais et facilite la gestion de votre stratégie d’investissement en centralisant votre épargne retraite.

Toutefois, avant de fusionner, vérifiez attentivement les éventuelles pénalités de transfert qui peuvent atteindre 1 à 5% sur certains contrats anciens, la perte d’anciennes garanties comme les taux minimum garantis ou les tables de mortalité avantageuses, et les conditions de sortie spécifiques qui pourraient disparaître lors du transfert.

Concrètement, si vous avez un vieux PERP ouvert en 2008 avec une garantie plancher à 100% du capital versé mais des frais de gestion de 1,5%, le regrouper vers un PER moderne à 0,6% de frais peut se justifier si vous avez encore 15 ans devant vous. En revanche, si vous êtes à deux ans de la retraite, la garantie peut valoir plus que l’économie de frais.

Comment garder une vision claire de plusieurs PER à l’approche de la retraite ?

À l’approche de la retraite, l’important est de savoir combien chaque PER peut vous verser et sous quelle forme : capital, rente viagère ou combinaison des deux. Vous pouvez alors ajuster progressivement le risque de vos investissements en basculant vers des fonds euros ou des supports sécurisés, organiser vos sorties en capital ou en rente et anticiper la fiscalité au moment des retraits.

Un simple tableau de suivi, mis à jour une fois par an, peut faire toute la différence pour garder la main sur vos choix. Indiquez pour chaque PER le montant accumulé, les frais annuels, la répartition entre fonds euros et unités de compte, et le mode de sortie envisagé. Cette vision globale vous permettra d’optimiser vos arbitrages et d’éviter les mauvaises surprises au moment du déblocage.

Pensez également à simuler la fiscalité de sortie pour chaque PER selon que vous avez opté pour des versements déductibles ou non. Sur un capital de 100 000 euros issu de versements déductibles, vous serez imposé sur la quasi-totalité à votre taux marginal plus les prélèvements sociaux, tandis qu’avec des versements non déductibles, seules les plus-values seront taxées après application de l’abattement pour durée de détention.

Anticiper les risques, limites et cas particuliers liés à plusieurs PER

Avoir plusieurs PER peut être utile, mais comporte aussi des écueils : frais cumulés, dispersion, mauvaise coordination fiscale. Cette dernière partie met en lumière les risques à ne pas sous-estimer, les cas spécifiques comme le décès, le départ à l’étranger ou le changement de situation et les bonnes pratiques pour sécuriser votre stratégie. L’idée est de vous permettre d’avancer en confiance, sans découvrir les contraintes trop tard.

Quels sont les principaux pièges à éviter quand on cumule plusieurs PER ?

Le premier risque est de payer des frais élevés sur plusieurs contrats pour un service redondant. Si vous détenez trois PER avec chacun 1% de frais de gestion annuelle, vous payez trois fois ces frais alors qu’un seul PER bien choisi pourrait suffire. Sur 20 ans, cette différence peut amputer sérieusement votre capital final.

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Le second piège est de perdre la vue d’ensemble et de continuer à verser sur un PER peu compétitif par habitude ou par méconnaissance. Beaucoup d’épargnants alimentent encore d’anciens PERP ou Madelin alors que des PER modernes offrent des frais divisés par deux et des supports d’investissement bien plus diversifiés.

Enfin, une mauvaise coordination peut vous faire dépasser votre plafond de déduction sans vous en rendre compte, ce qui entraîne un redressement fiscal, ou mal préparer la répartition de vos retraits à la retraite, avec des conséquences fiscales lourdes. Veillez donc à centraliser l’information et à faire le point régulièrement avec un conseiller en gestion de patrimoine si nécessaire.

PER et succession avec plusieurs contrats : quels impacts pour vos bénéficiaires concrets ?

Chaque PER possède sa propre clause bénéficiaire, qu’il est important de vérifier et de mettre à jour régulièrement. En cas de décès, la fiscalité applicable dépend notamment de votre âge au moment des versements et du type de PER : assurantiel avec clause bénéficiaire hors succession ou bancaire intégré à la succession.

Pour les PER assurance, les capitaux transmis avant 70 ans bénéficient d’un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire puis sont taxés à 20% jusqu’à 700 000 euros. Après 70 ans, seuls les versements au-delà de 30 500 euros tous contrats confondus sont soumis aux droits de succession. Avoir plusieurs PER peut offrir de la souplesse dans la rédaction des clauses, à condition de rester cohérent et de ne pas créer d’inégalités involontaires entre vos héritiers.

Attention aussi à bien désigner vos bénéficiaires sur chaque contrat. Si vous oubliez de mettre à jour la clause après un divorce ou une naissance, le capital pourrait être versé à l’ancien conjoint ou réparti de façon non conforme à vos souhaits.

Que faire de vos PER si vous partez à l’étranger ou changez de situation ?

Un départ à l’étranger, un changement professionnel comme le passage en indépendant ou une évolution familiale peut modifier profondément l’intérêt relatif de vos PER. Vous devrez alors vérifier la fiscalité applicable entre la France et votre pays de résidence, ainsi que la pertinence de poursuivre vos versements.

Dans certains cas, il sera préférable de laisser vos PER vivre sans nouveaux versements, notamment si vous n’êtes plus imposé en France et ne pouvez plus bénéficier de la déduction fiscale. Vous pourriez aussi envisager de regrouper vos contrats avant votre départ pour simplifier la gestion à distance et éviter les complications administratives avec plusieurs établissements.

Si vous partez dans un pays ayant signé une convention fiscale avec la France comme la Belgique ou le Portugal, renseignez-vous sur le traitement des rentes et des capitaux issus du PER pour optimiser la fiscalité de sortie. Certains pays exonèrent partiellement les pensions de retraite, ce qui peut rendre la sortie en rente plus avantageuse qu’en France.

En cas de changement de situation professionnelle, comme le passage du salariat à la profession libérale, vérifiez si votre PER d’entreprise peut être maintenu ou s’il doit être transféré. La loi Pacte a considérablement simplifié la portabilité, mais chaque contrat peut avoir des spécificités qu’il convient d’examiner avec attention.

Éloïse Maréchal-Delorme

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