Vous vous demandez s’il est possible d’ouvrir plusieurs Livrets de Développement Durable et Solidaire (LDDS, anciennement LDD) pour optimiser votre épargne ? La réponse est non, la législation française est claire sur ce point. Cependant, il existe des nuances importantes à connaître, des situations particulières à gérer et surtout des alternatives intelligentes pour faire fructifier votre argent au-delà du plafond du LDDS. Ce guide vous explique ce que la loi autorise précisément, les risques encourus en cas de doublon et les solutions concrètes pour structurer efficacement votre épargne réglementée.
Comprendre le fonctionnement du LDD et la règle du livret unique

Avant de chercher à multiplier les LDD, il est essentiel de bien connaître ce produit d’épargne réglementée. Vous verrez pourquoi la loi impose un seul LDDS par personne, comment la banque contrôle ce point et ce que cela change dans votre stratégie d’épargne au quotidien.
Pourquoi la loi interdit strictement d’avoir plusieurs LDD simultanés
La réglementation française est formelle : un même épargnant ne peut détenir qu’un seul Livret de Développement Durable et Solidaire, quelle que soit la banque. Cette règle s’inscrit dans le cadre des livrets défiscalisés, au même titre que le Livret A ou le Livret d’Épargne Populaire (LEP).
L’objectif est double. D’abord, éviter que les épargnants contournent le plafond légal de 12 000 euros en multipliant les comptes. Ensuite, limiter le coût pour l’État puisque les intérêts de ces livrets sont exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Ouvrir plusieurs LDDS constitue donc une infraction à la loi, même si les établissements bancaires sont différents.
Comment les banques vérifient que vous ne détenez pas déjà un autre LDD
Lors de toute ouverture de LDDS, la banque met en place plusieurs contrôles. Elle vous fait d’abord signer une attestation sur l’honneur certifiant que vous ne possédez pas déjà ce type de livret dans un autre établissement. Ce document engage votre responsabilité.
En complément, les établissements peuvent interroger le Ficoba (Fichier des Comptes Bancaires), géré par la Direction générale des finances publiques. Ce fichier recense l’ensemble de vos comptes et livrets d’épargne, permettant ainsi de détecter les doublons éventuels. En cas d’anomalie détectée, la banque peut refuser l’ouverture ou exiger la clôture préalable de votre ancien livret avant de valider le nouveau.
Peut-on contourner la limite du LDD en ouvrant un compte conjoint ou secondaire
Le LDDS présente une particularité importante : il ne peut être ouvert qu’à titre individuel. Contrairement au compte courant, aucun LDDS en compte joint n’existe. Cette règle élimine d’emblée cette possibilité de contournement.
En revanche, chaque membre d’un couple marié ou pacsé peut légalement détenir son propre LDDS. Concrètement, un foyer peut donc avoir deux livrets, un par personne, sans enfreindre la loi. C’est d’ailleurs une stratégie courante pour optimiser l’épargne familiale et atteindre jusqu’à 24 000 euros placés à taux réglementé sur ce support.
Multiplier les comptes courants dans différentes banques ne change rien à la règle : le plafond et la limitation s’appliquent par personne physique, pas par compte bancaire.
Droits, risques et régularisation en cas de plusieurs LDD ouverts
Il arrive qu’un deuxième LDD soit ouvert par erreur, lors d’un changement de banque ou d’une mauvaise information. Vous verrez ce que vous risquez réellement, comment les banques régularisent la situation et ce qu’il advient des intérêts déjà versés.
Que se passe-t-il si vous avez par erreur deux LDD ouverts en parallèle
Même si l’ouverture était de bonne foi, la situation demeure irrégulière. Cette configuration survient généralement lors d’une mobilité bancaire mal gérée ou d’une erreur administrative. La banque privilégie dans la plupart des cas la régularisation plutôt que la sanction immédiate.
La procédure standard consiste à identifier le livret le plus récent et à le clôturer. L’établissement bancaire doit ensuite déclarer cette anomalie pour régulariser la situation fiscale. Il est fortement recommandé de signaler vous-même le doublon dès sa découverte, plutôt que d’attendre qu’un contrôle automatisé ou fiscal le détecte.
Sanctions possibles, régularisation fiscale et sort des intérêts perçus
Les conséquences financières peuvent être significatives. Les intérêts générés par le livret excédentaire perdent leur exonération fiscale. Ils deviennent donc imposables au titre de l’impôt sur le revenu et soumis aux prélèvements sociaux, au taux global de 30% (flat tax) ou selon le barème progressif si vous optez pour cette solution.
L’administration fiscale peut réclamer rétroactivement les impôts non acquittés sur ces intérêts. En cas de mauvaise foi caractérisée, des pénalités supplémentaires peuvent s’ajouter, généralement à hauteur de 10% à 40% des sommes dues. La banque procède à une correction rétroactive et ferme le compte concerné.
| Situation | Conséquence fiscale | Action à mener |
|---|---|---|
| Doublon détecté rapidement (moins de 3 mois) | Régularisation simplifiée, impact fiscal limité | Clôture immédiate du second livret |
| Doublon ancien (plus d’un an) | Imposition rétroactive des intérêts + possibles pénalités | Déclaration spontanée et régularisation fiscale |
| Mauvaise foi avérée | Pénalités de 40% + remboursement total des avantages | Régularisation obligatoire avec accompagnement fiscal |
Comment fermer un LDD en trop et choisir le livret à conserver
La clôture d’un LDDS est gratuite et peut être demandée à tout moment, sans préavis ni frais. Vous devez simplement contacter votre banque, en agence ou parfois directement en ligne selon les établissements.
Pour choisir le livret à conserver, plusieurs critères entrent en jeu. Le LDDS le plus ancien est généralement privilégié, surtout s’il est domicilié dans votre banque principale. Cette configuration facilite les virements et la gestion quotidienne. Vérifiez également les services associés : certaines banques proposent des avantages liés à la détention d’un LDDS chez elles.
Profitez de cette démarche pour faire un point global sur vos placements réglementés. Vérifiez que vous ne détenez pas non plus plusieurs Livrets A, également limités à un par personne, et optimisez la répartition de votre épargne entre vos différents supports disponibles.
Alternatives pour épargner plus quand le plafond de LDD est atteint

Si vous cherchiez à multiplier les LDD, c’est probablement parce que vous souhaitez placer davantage d’épargne sécurisée. Plutôt que de chercher à contourner la règle, mieux vaut combiner intelligemment différents livrets et placements complémentaires, en fonction de votre profil et de votre fiscalité.
Comment optimiser votre épargne avec Livret A, LEP et LDDS combinés
La stratégie la plus simple consiste à cumuler les différents livrets réglementés autorisés. Un épargnant peut légalement détenir simultanément un Livret A (plafond de 22 950 euros), un LDDS (plafond de 12 000 euros) et, sous conditions de revenus, un LEP (plafond de 10 000 euros).
Cette combinaison permet de placer jusqu’à 44 950 euros à taux réglementé, entièrement disponibles et sans risque de perte en capital. Pour 2025, les taux sont particulièrement attractifs : 2,4% pour le Livret A et le LDDS, et 3,5% pour le LEP. La stratégie optimale consiste à remplir en priorité le LEP si vous y êtes éligible, puis à compléter avec le Livret A et le LDDS selon vos besoins de liquidité.
Quelles solutions choisir après le plafond du LDD pour rester prudent
Une fois vos livrets réglementés à leur maximum, plusieurs options s’offrent à vous pour continuer d’épargner prudemment. Le compte sur livret bancaire non réglementé constitue la solution la plus proche. Chaque banque fixe librement son taux, généralement entre 1% et 3% selon les promotions.
L’inconvénient principal réside dans la fiscalité : les intérêts sont soumis à la flat tax de 30% ou au barème progressif. Néanmoins, ce type de compte conserve deux avantages majeurs : une liquidité totale (retrait à tout moment sans pénalité) et une absence de risque sur le capital.
Pour un horizon d’épargne plus long (au moins 8 ans), le fonds en euros d’une assurance-vie représente une alternative intéressante. Les rendements se situent généralement entre 2% et 3,5% nets de frais de gestion. La fiscalité devient progressivement plus avantageuse après 8 ans de détention, avec un abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule ou 9 200 euros pour un couple.
Faut-il ouvrir une assurance-vie plutôt que chercher un deuxième LDD
Si votre objectif dépasse la simple constitution d’une épargne de précaution, l’assurance-vie peut effectivement s’avérer plus pertinente qu’un livret supplémentaire. Elle offre une gamme de supports plus large : les fonds en euros pour la sécurité, et les unités de compte pour ceux qui acceptent un peu de risque en échange d’un potentiel de rendement supérieur.
L’assurance-vie présente également des atouts en matière de transmission patrimoniale. Les capitaux transmis bénéficient d’une fiscalité avantageuse, avec un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire pour les versements effectués avant 70 ans. Le LDDS, lui, ne propose aucun avantage successoral particulier.
Pour une épargne de précaution disponible immédiatement, conservez vos livrets réglementés. Pour une épargne destinée à un projet à moyen ou long terme (achat immobilier, retraite, transmission), l’assurance-vie constitue un complément judicieux et fiscalement optimisé.
Cas pratiques fréquents autour du LDD : couple, changement de banque, succession
Certaines situations de vie soulèvent des questions très concrètes : deux LDD dans un couple, ouverture après un déménagement bancaire, ou encore sort du livret au décès du titulaire. Ces cas pratiques vous aideront à éviter les faux pas et à faire les bons choix au bon moment.
Un couple peut-il légalement cumuler plusieurs LDD au sein du foyer
La réponse est oui, sans aucune ambiguïté. Chaque adulte disposant de sa propre identité fiscale peut détenir un LDDS. Un couple marié, pacsé ou en concubinage peut donc légalement ouvrir deux livrets distincts, un au nom de chaque personne.
Cette configuration est d’ailleurs très courante dans les stratégies d’épargne familiale. Elle permet au foyer de bénéficier de deux fois 12 000 euros de plafond, soit 24 000 euros au total. La seule condition impérative est que chaque livret soit strictement individuel, jamais en compte commun. Les versements et retraits peuvent ensuite être effectués librement par chaque titulaire, indépendamment du régime matrimonial du couple.
Comment gérer son LDD lors d’un changement de banque sans doublon
Lors d’une mobilité bancaire, la prudence s’impose pour éviter tout doublon temporaire. La méthode la plus sûre consiste à clôturer votre LDDS dans l’ancienne banque avant d’en ouvrir un nouveau dans le nouvel établissement. Vous perdez quelques jours d’intérêts pendant le transfert, mais vous éliminez tout risque d’irrégularité.
Concrètement, voici les étapes à suivre : demandez d’abord la clôture de votre LDDS actuel, récupérez les fonds sur votre compte courant, puis une fois la clôture confirmée par écrit, ouvrez votre nouveau LDDS dans votre nouvelle banque. Conservez tous les justificatifs de clôture, au cas où un contrôle surviendrait ultérieurement.
Certaines banques peuvent proposer un accompagnement dans cette démarche, notamment dans le cadre de la mobilité bancaire. N’hésitez pas à solliciter votre conseiller pour sécuriser ce transfert et éviter toute période de chevauchement entre les deux livrets.
Que devient le LDD au décès du titulaire et que doivent faire les héritiers
Au décès du titulaire, le LDDS est immédiatement bloqué. La banque ne peut plus autoriser aucune opération dès qu’elle est informée du décès. Les intérêts continuent cependant de courir jusqu’à la date de clôture définitive du compte.
Le livret est ensuite intégré à l’actif successoral du défunt. Les fonds sont versés aux héritiers selon les règles de dévolution successorales classiques, après fourniture de l’acte de décès, de l’acte de notoriété ou de l’attestation de propriété. Le processus peut prendre plusieurs semaines selon la complexité de la succession.
Les héritiers ne peuvent pas récupérer le LDDS en tant que tel, ni le transférer à leur nom. Ils reçoivent uniquement les fonds correspondants. S’ils souhaitent disposer eux-mêmes d’un LDDS, ils doivent en ouvrir un individuellement à leur nom, à condition de ne pas en détenir déjà un dans un autre établissement.
En conclusion, la règle est claire : vous ne pouvez pas détenir plusieurs LDD simultanément. La législation limite strictement ce produit d’épargne à un seul livret par personne. Toutefois, cette contrainte ne doit pas freiner votre stratégie d’épargne. En combinant intelligemment Livret A, LDDS et LEP, puis en complétant avec des assurances-vie ou comptes sur livret, vous disposez de nombreuses solutions pour placer efficacement votre argent tout en respectant la réglementation.




